jeudi 24 juillet 2008

mercredi 23 juillet 2008

75-A l'intérieur

Encore un peu de français parce qu'il faut bien en parler aussi, on a pas les super productions américaines mais y a de bonnes choses qui sortent (pas uniquement dans le domaine de l'horreur évidemment, moi c'est plus mon domaine depuis que je suis en âge de choisir ce que je veux voir -et j'en ai vu des films d'horreur depuis-) c'est le cas de A l'intérieur, quand c'est sorti j'avais acheté le Mad Movies (ndlr Magazine qui traite de ce genre cinématographique / http://www.mad-movies.com/mad/actualite-28-Meres-de-Sang.html) et j'en avais lu de bonnes choses, sur le mag comme sur le net d'ailleurs. Mais pareil loupé à sa sortie je ne le regarde que maintenant.
Plus d'infos sur ce film

Bon passons aux choses sérieuses: Je n'attendais pas déjà Béatrice Dalle dans ce genre de film et encore moins convaincante. Cet a priori dépassé on peut entrer dans le vif du sujet. Ca commence fort, très fort, et ça fait déjà mal, alors qu'on est pas encore entré dans le film. La contrairement à Calvaire avant, on a directement le pied dans un moment bien tragique.
La suite s'avère très mystérieuse, on entre dans une nouvelle partie du film. On en apprend un peu plus sur Sarah, "l'héroine". Et on découvre la mystérieuse femme qui est jouée par Béatrice Dalle.
C'est pour le moment flippant mais pas violent. C'est une ambiance mystérieuse qui règne dans le film.
Et là....

On entre dans le côté gore de la chose...



Il me fait penser par certains aspects (esthétiques, comme du côté très mystérieux de l'apparition de cette femme) à certains films fantastiques japonais (à la The Grudge par exemple). C'est une vrai performance à ce niveau pour un film français d'atteindre ce côté très particulier de l'horreur japonaise. (Ce n'est que mon avis évidemment). Et en général une fille/femme aux cheveux longs et noirs représente la mort dans la mythologie japonaise, alors ici il y a de quoi y trouver des similitudes. (En fait Beatrice Dalle me fait vaguement penser à l'actrice d'Audition, que j'avais trouvé fortement flippant http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=30033.html)

Aller allez le voir, il vous réserve de nommmbreuses surprises (bon pas des plus joyeuses!). Sincèrement on ne connaîtrait pas Béatrice Dalle on ne saurait même pas que ce film est français tellement il est d'une qualité rare dans ce genre en France. Un film pour moi qui ose tout et qui va au bout de la violence et du gore. Je suis pas sûre qu'il y ait déjà eu un film à ce niveau en France.

++: la petite soeur de Vaness', Eh oui Alysson Paradis, est comme sa grande soeur: DOUEE, talentueuse, et bien meilleure actrice que sa soeur je trouve (mais Vanessa a de bonnes chansons, oui oui et puis elle a l'homme le plus enviable au monde pour une moi : Johnny :D)

74-Ce Calvaire

J'y reviens sur Calvaire, le film dont je vous parlais, je viens de le voir et mon verdict est beaucoup plus cinglant que les critiques d'allociné. Beaucoup de mal a rentrer dans le film, je le trouve un peu plat au début, oui il y a des scènes qui font une BONNE ambiance glauque, des moments où je pense que d'autres sursauteraient. Mais je n'irai pas le comparer à un film tel que Saw qui est carrément et largement bien au dessus au niveau des tensions (je parle bien de tensions, parce que je ne pourrais pas comparer les budgets que l'un et l'autre ont mis, pour les moyens qu'ils ont eu je trouve Calvaire vraiment Très Bon!). C'est pas du mauvais film français bien au contraire, je pense que c'est plus dans le sens Blair Witch que Saw. Je pense mais ce n'est que mon avis, qu'il pourrait être bien meilleur s'il laissait un peu de suspens, je trouve qu'au début tout arrive trop vite et c'est trop "évident", je n'ai pas la surprise, celle qui fait venir la peur.

Cependant la deuxième partie, quand l'action démarre vraiment, dans les bois, est très forte psychologiquement. On sent que ce qu'on a vu avant ce n'était que de la branlette, on va rentrer dans le vif du sujet, la folie.
C'est là que j'ai accroché, que je suis entrée dans le Calvaire de Marc Stevens/Gloria.
Mais encore une fois il me manquait quelque chose pour faire une comparaison a Saw. Je ne peux pas, c'est pour moi deux genres différents, l'extrême brutalité d'un malade "très sain" (disons que dans Saw tout a une vraie logique autant dans la torture que dans les méthodes), autant ici c'est du malade psychiatrique, de l'homme, de l'humain même, c'est violent mais ce n'est pas gore, c'est violent mais ça manque de violence (il y a des scènes trop coupées c'est dommage, c'est rapide, il y a la torture mais elle n'est qu'entre aperçue). C'est brouillon parce que c'est malade, c'est brouillon et primaire. Voilà la différence pour moi entre les deux films. La maîtrise des actes-Le brouillon de l'âme.

On peut les apprécier tous les deux mais ils n'ont pas le même impact pour moi.

La vraie montée en puissance, c'est le final. C'est bien barré avec les chasseurs déjà, j'en raconte pas plus mais là on ne sait pas si on doit rire ou flipper parce que c'est drôle mais terriblement dingue à la fois.


Par contre je dois dire que les acteurs sont vraiment TRES bons, leur rôle, même dans les rôles secondaires, sont vraiment très bien joués, et ça c'est appréciable. C'est ce qui donne le côté réaliste même dans les scènes les plus obscènes (genre le viol du veau). Laurent Lucas est au summum de la souffrance, vraiment pour jouer ça il fallait y croire sinon ça n'aurait pas pu fonctionner je pense (par contre je trouve sa façon de pleurer ou geindre pas super crédible je sais pas ça fait forcé).


Aller on va rester dans le positif: que la France continue dans cette lancée! Ca ne peut que donner du bon!







ps: si vous tombez en panne, évitez les petits villages :D
D'façon si vous avez été bien éduqués votre maman a du vous dire qu'il ne faut pas parler aux inconnus (et se demerder tout seul dans la vie)


73-"Filleries"

Je suis une fan de la première heure de Sex and the City (et j'assume!) si bien que je connaissais déjà tous les épisodes, j'ai évidemment vu le film et même lu le livre de Candace Bushnell, si bien que quand j'ai lu sur je ne sais quel site qu'aux Etats-Unis une nouvelle série inspirée d'un autre livre de Candace existait je me suis dis qu'en France j'étais pas encore prête de la voir. On nous gave des Experts et de la Petite Maison dans la prairie environ deja vue et revue 50 fois (et encore) alors que je n'ai que 23 ans. J'ai peu eu de coups de coeur séries ces derniers temps. Depuis qu'on m'a enlevé Scrubs, et que le Dr House en est toujours au même stade ici, plus rien d'exceptionnel se passe. J'ai tenté Bones, et franchement c'est un style que j'aurais pu/du aimer, mais ça ne casse pas trois pattes a un caneton transylvanien. Avant de vivre en mode indépendante "je matte ce que je veux" dans mon appart, je n'étais pas spécialement séries télé, j'aimais pas la télé de toute façon. Bon aujourd'hui je n'en suis pas super friande non plus, je ne l'allume que le soir, mais j'ai découvert des séries qui m'ont fait bidonner, pleurer, etc, et bon j'ai un peu plus d'intêret à allumer la télé, sauf que bon voilà....en France faut se contenter de trucs vus et revus, et mis a part la rediff en ce moment de Grey's Anatomy rien n'y fait j'accroche a rien.

J'avais été aspirée par Shameless mais j'ai vite trouvé que la provoc s'essouflait et été répétitive. J'ai décroché. J'avais trouvé Dead Like me, mais deux saisons ça passe trop vite et les gens n'ont pas du accrocher du coup ça ne passe plus sur la TNT, dommage, j'avais vraiment aimé cette vision de l'pès mort de façon très humoristique et décalée. Mais bon c'est la TNT, sur les chaînes "nationales" on en est toujours a ces experts et compagnie, et moi je n'aime pas, c'est d'un banal.
Bones, NCIS,Ris, tout est un peu dans le même domaine, et à chaque fois que je vois ça je pense à Lassie chien fidèle ou Skipper le dauphin, les gens comprennent ces animaux alors qu'ils font que brailler "oooh oui Lassie il y a un enfant coincé sous un rocher, oooh je te suis passe première", bref je trouve que ces séries sont un peu un foutage de gueule. Genre le mec il va trouver grâce à une trace de pneu l'adn du sperme de l'oncle de la fille qui était à la base le témoin du meurtre, mais qui en fait est le tueur et qu'il a utilisé la hache dont on a retrouvé un micro bout de bois qui comme par hasard avait une empreinte du gentil oncle Shaun.

Bref je préfère encore les séries simplistes, voire simplettes, dans le genre That 70's show, c'est simple, marrant, et ça ne va pas chercher des détails à la con. C'est marrant on va sûrement me dire "mais le Dr House c'est aussi tiré par les cheveux", certes mais les maladies dont ils parlent sont rares et j'ai beaucoup appris grâce à cette série et puis l'humour acide est là et ça ça vaut toutes les séries coincées!

Tout ce chemin pour en revenir à Candace, oui son Lipstick Jungle est devenu une série, une série que j'aimerais beaucoup voir. (Ce que je vais faire, même si c'est mal, il me faut un ou deux épisodes pour avoir un jugement)

Je vous met la description amazon du LIVRE, pas de la série:

Elle vous a fait rire, rêver, fantasmer avec Sex and the City, chronique sans complexe et désormais culte du New York branché et de ses jet-setteuses débridées. Candace Bushnell revient avec trois nouvelles héroïnes : Nico, Wendy et Victory. Des battantes au top de leur carrière mais en perte de vitesse en matière de vie privée... Nico trompe son mari avec un mannequin qui pourrait être son fils, Victory oublie l'échec de sa dernière collection de vêtements dans les bras du premier milliardaire venu, et le mariage de Wendy avec un homme au foyer est en chute libre... Comment gérer le sexe, le business et l'amour lorsqu'on est une femme dans la jungle new-yorkaise ? Toujours aussi chic, drôle et glamour, le nouveau must de Candace Bushnell.

et de la série via allociné:
Nico, Wendy et Victory règnent sur New York ! Nico est rédactrice en chef d'un des plus grands magazines de mode et rêve d'en devenir la présidente. Wendy est une des pontes d'un studio de cinéma. Victory est une créatrice de mode à l'esprit très libéré, espérant un jour trouver l'homme idéal. Les trois amies font face ensemble aux grands défis de la vie, professionnelle et personnelle...


72-Comme à la maison

Oui oui je sais je raconte rien de bien spécial là mais Deportivo me parle pas mal même la plupart de leurs paroles sont tellement métaphoriques que pour y trouver du sens je crois qu'il faut avoir bu avant!

Puis-je au moins sortir la tête
Et oublier qu'ici, on n'sort pas
Mais je sais bien qu'ma ptite ville arrête
Les plus belles espérances en contrebas

Puis-je au moins sortir la tête?

Mais nous on croyait qu'on serait loin
Et déjà revenus
Qu'à prendre la traverse en chemin
On fuirait nos ombres

Peut-on jamais savoir ou être
Là dans mon trou à rats
On n'pense pas
Mais je sais bien qu'ma ptite ville arrête
Les plus belles espérances en contrebas

Puis-je au moins sortir la tête?

Mais nous on croyait qu'on serait loin
Et déjà revenus
Qu'à prendre la traverse en chemin
On fuirait nos ombres

Mais nous on croyait qu'on serait loin
Et déjà revenus
Qu'à prendre la traverse en chemin
On fuirait nos ombres


[L'immobilité-DEPORTIVO]


lundi 21 juillet 2008

71-Autant s'adresser à la foudre

On s'ra pas tous perdants même le dernier des derniers
On paiera tous en sortant et les cancres en premier
Mais l' amour vrai attend qu'on se soit consumés
Je sais, j'ai plus l'élan, je sais où on a pied

{Refrain}
J'oubliais comment on s'sentait con
Vous disiez encore du vent, du vent

Mais Dieu aime mes parents pour un cierge allumé
On fumera les sentiments et ma tête pourra trembler
Si j'ai une mère elle m'attend, et j'irai sans traîner
Si je dis vrai, je mens, je sais où on a pied

{au Refrain}

J'avais rêvé d'être parmi vous et
De m'accorder le droit de dire "allez vous faire foutre"
J'avais rêvé d'être avec vous mais
A voir de près, autant s'adresser à la foudre

On s'ra pas tous perdants même le dernier des derniers
On paiera tous en sortant, et les cancres en premier
Mais l'amour vrai attend qu'on se soit consumés
Je sais, j'ai plus l'élan, je sais où on a pied

{au Refrain}

J'avais rêvé d'être parmi vous et
De m'accorder le droit de dire "allez vous faire foutre"
J'avais rêvé d'être avec vous mais
A voir de près, autant s'adresser à la foudre
Autant s'adresser à la foudre
Autant s'adresser à la foudre...

[Deportivo-Parmi eux]

70-Quel calvaire

Encore une découverte, mais française cette fois-ci! Calvaire, un film qui a l'air plutôt bien ficelé, à en croire les critiques sur allociné, tellement bien ficelé qu'il en surpasserait apparemment, les Saw et autres films du genre.

http://www.allocine.fr/film/critiquepublic_gen_cfilm=44880.html

Je demande à voir personnellement! Etant une inconditionnelle de Saw j'aimerais bien qu'il soit à sa hauteur, ça serait pour une fois une "fierté" d'avoir un film français de cette ampleur, mais je n'y crois pas trop.
Dès que ce sera fait je vous ferai ma petite revue comme d'habitude.

Mais pour en savoir plus voilà toujours la bande-annonce allociné:


Plus d'infos sur ce film

69-"Venez tous vous faire tuer vous ne le regretterez pas"


Enfin regardé La maison des 1000 morts.
Résultat des courses:
YEAH!
Toujours aussi bon le Rob Zombie (enfin moi j'ai regardé ces films dans le sens inverse mais c'est pas grave, son univers est GENIAL).

C'est un film bien barré, des univers de malade.
Je le trouve moins génial que The Devil's Rejects mais quand même il est à voir!



Petit résumé via allociné:

Deux jeunes couples se lancent à la recherche du docteur Satan, une légende locale. Surpris par un terrible orage, ils se réfugient dans une mystérieuse demeure où réside une famille pour le moins étrange. Celle-ci se compose de membres adeptes du cannibalisme et de rites sataniques. Le cauchemar peut commencer...

68-Du Freak et de l'Anarchy



Il y a un livre que j'ai découvert à cause/grâce à quelqu'un qui aujourd'hui me rappelle que de mauvais souvenirs, mais ce livre là j'ai très envie de l'ouvrir et de le lire (sauf que je n'arrive pas à trouver le temps, je voudrais finir mes Virginia Woolf d'abord). Bref ce livre m'attire parce qu'il parle d'un monde passé mais pas si lointain en même temps, d'un début de révolte/révolution, d'une nouvelle identité....les marginaux. Oh bien sûr ça n'a pas attendu les années 70 pour exister ce côté obscur de l'être humain. Le marginal revêt plusieurs têtes selon les époques, les faits, l'histoire. Et si j'ai en tête à ce moment précis le film
Freaks, la monstrueuse parade, c'est que ces Freaks ont changé de visage à travers les décennies, mais ils restent toujours les indésirables de la société. Alors forcément quand un livre parle de cette jeunesse rebelle naissante des années 70 j'ai le cerveau qui est titillé.
De quel livre je parle?
Human Punk de John King. Je ne pourrai pas vous faire un résumé parce que je n'ai pas encore osé l'ouvrir, un peu trop de colère encore, mais je pense qu'il y a du bon la dedans, une sorte de témoignage d'une époque (révolue?).

Petit récapitulatif de chez Amazon.fr :

Qui n’a pas connu l’été 1977 à Slough n’a pas connu la douceur de vivre. C’était l’époque des premières Doc Martens, du punk rock et du reggae, des bastons avec les Teds et des nuits électriques au pub, quand toutes les filles s’appelaient Debbie Harry. Pour Joe, quinze ans, tout s’est terminé une nuit, lorsque Welles et sa bande l’ont jeté dans Grand Union Canal après avoir battu à mort son meilleur ami, Smiles.
1988. Joe a vingt-six ans. Il traverse la Mandchourie à bord du Transsibérien, de retour de Hong-Kong où il a travaillé dans un bar pendant trois ans. Il fait l’amour avec une Russe, il rêve à sa jeunesse, au pauvre Smiles, au principal du collège que tout le monde appelait Staline. Et à Gary, qui s’est suicidé.
2000. Joe est DJ et la vie est douce à nouveau. Jusqu’au jour où, dans un cimetière, il croit reconnaître Gary. (Mais Gary est mort.) À moins qu’il ne s'agisse... de son fils ?
Dur et mélancolique, réaliste et lyrique, Human punk - dédié à George Orwell - est le meilleur livre de John King. Il éclaire de manière crue « les règles qui gouvernent le comportement masculin et la genèse de la violence mâle » (The New Stateman) dans une des villes-satellites proches de Londres. Mais c’est aussi un roman universel, dont l’écriture s’envole dans des riffs époustouflants.

L'auteur vu par l'éditeur
John King est né en 1960. Son premier roman, Football Factory, « le meilleur livre jamais écrit sur le foot et la classe ouvrière » (Irvine Welsh), a connu un immense succès. Écrivain favori de John Sillitoe et de John Bailey (un Don d’Oxford qui fut aussi le mari d’Iris Murdoch), cet auteur discret est certainement le plus doué de la « nouvelle génération perdue » issue du prolétariat anglais des années 90.

et par http://livres.fluctuat.net

Après le somptueux Ianto l'Enragé de Niall Griffiths, l'Angleterre continue de nous envoyer avec ce nouveau roman de John King (sorti en mai 2003) ce qu'elle fait de meilleur en matière de réalisme poétique. Et le résultat suffit à enterrer vivant la quasi-totalité des écrivains français de la rentrée.
Après la réussite de La Meute et l'amusant Football Factory (auquel on préfèrera sur le même thème l'exceptionnel Parmi les Hooligans de Bill Bufford), l'écrivain anglais originaire de la banlieue londonienne monte clairement d'une division avec ce Human Punk magistral. Si la Meute et Football Factory valaient essentiellement pour la précision et l'extrême justesse des évocations de la classe prolétarienne post-thatchérienne, Human Punk repose sur une ambition décuplée et sur l'envie d'embrasser l'époque depuis le milieu des années 70 (1977, pour être précis et le sommet du mouvement punk) jusqu'à nos jours. Découpé en 3 phases- périodes chronologiques, Human Punk narre la destinée assez singulière de quatre adolescents originaires de Slough (une petite ville industrielle du Nord de Londres), prisonniers, victimes et acteurs du système très corseté des classes sociales. Autour du personnage narrateur Joe, s'organise la vie d'une petite tribu de gamins entre découverte du sexe, bastons et bitures, et dans le sillage fantasmagorique du mouvement punk (Pistols en tête).

Human Punk (dont le titre clinquant est particulièrement mal choisi, comme sa couverture tape à l'œil d'ailleurs) démarre sur une trame maintenant assez traditionnelle de description de l'Angleterre d'En Bas (pub, petits boulots, bière brune), comme on l'a vue chez Loach et racontée chez Jonathan Coe. John King assure le service maximum sur la première centaine de pages, croquant des personnages tous aussi attachants les uns que les autres et émouvants dans leur volonté de vivre pleinement leur condition (le travail au verger, l'admiration pour les aînés sont de grands moments). Puis, survient le drame et, comme dans Ianto l'Enragé, la lente élévation vers le sublime. L'accident de Smiles, l'un des compagnons de galère de Joe, projette, au travers d'une scène incroyable, le roman dans une nouvelle dimension. L'enfance se referme sur une plaie de douleur et de nostalgie que Joe n'aura de cesse de relire, sans espoir réel de guérison. Les années passent, avec la souplesse d'une page tournée, dix ans, puis quinze. L'époque vieillit plus que les personnages. Le punk se dissout. Les hippies meurent. Joe entreprend une traversée de l'Europe en forme de voyage intérieur qui le ramène depuis l'Asie jusqu'au cœur métaphysique de son énergie. Et tout redémarre. Slough revit, en simple écho du Slough des années 70. La vie s'organise autour d'un bonheur de bouts de ficelle. John King peint à la perfection, ce qui est le plus difficile à rendre, l'évolution de jeunes hommes qui ne changent pas. Les camarades n'ont pas bougé de dix pas. Leurs combines sont toujours aussi foireuses. Leurs vies plus ou moins réussies. Slough attire, expulse, repousse, digère comme un ventre. L'impression qu'ici bat le cœur du monde, cœur punk, sale et ankylosé, mais cœur vaillant, se propage au fil des évocations. Le retour après des années de fugue est aussi cruel qu'un lendemain de biture. Mais les rêves sont toujours debout, les solidarités intactes. John King tresse le temps avec une habileté et une fluidité admirable, avec l'idée que l'esprit punk, plus que la musique qui passe des guitares au synthé, survit à l'intérieur de chacun, aussi vive qu'invisible de l'extérieur.

Human Punk est l'humble roman d'une survie en milieu sinistré. Un grand livre de l'enfance, comme la plupart des chefs d'œuvre, et un savant dosage d'ingrédients extrêmement séduisants : rock, amitié adolescente, voyage, sexe triste. La fin au lieu de conclure l'ouvrage… ouvre sur un bonheur inespéré tellement on l'aura attendu, simple et replet comme un bedon de buveur de bière. Pour la première fois, une épopée du quotidien s'achève par le repos du guerrier. Tout au long de ce livre d'aventures, King aura mérité son nom.

Human Punk
John King
Editions de l'Olivier
Disponible depuis mai 2003


dimanche 20 juillet 2008

67-case a remplir

Je verrai plus tard...