lundi 21 juillet 2008

68-Du Freak et de l'Anarchy



Il y a un livre que j'ai découvert à cause/grâce à quelqu'un qui aujourd'hui me rappelle que de mauvais souvenirs, mais ce livre là j'ai très envie de l'ouvrir et de le lire (sauf que je n'arrive pas à trouver le temps, je voudrais finir mes Virginia Woolf d'abord). Bref ce livre m'attire parce qu'il parle d'un monde passé mais pas si lointain en même temps, d'un début de révolte/révolution, d'une nouvelle identité....les marginaux. Oh bien sûr ça n'a pas attendu les années 70 pour exister ce côté obscur de l'être humain. Le marginal revêt plusieurs têtes selon les époques, les faits, l'histoire. Et si j'ai en tête à ce moment précis le film
Freaks, la monstrueuse parade, c'est que ces Freaks ont changé de visage à travers les décennies, mais ils restent toujours les indésirables de la société. Alors forcément quand un livre parle de cette jeunesse rebelle naissante des années 70 j'ai le cerveau qui est titillé.
De quel livre je parle?
Human Punk de John King. Je ne pourrai pas vous faire un résumé parce que je n'ai pas encore osé l'ouvrir, un peu trop de colère encore, mais je pense qu'il y a du bon la dedans, une sorte de témoignage d'une époque (révolue?).

Petit récapitulatif de chez Amazon.fr :

Qui n’a pas connu l’été 1977 à Slough n’a pas connu la douceur de vivre. C’était l’époque des premières Doc Martens, du punk rock et du reggae, des bastons avec les Teds et des nuits électriques au pub, quand toutes les filles s’appelaient Debbie Harry. Pour Joe, quinze ans, tout s’est terminé une nuit, lorsque Welles et sa bande l’ont jeté dans Grand Union Canal après avoir battu à mort son meilleur ami, Smiles.
1988. Joe a vingt-six ans. Il traverse la Mandchourie à bord du Transsibérien, de retour de Hong-Kong où il a travaillé dans un bar pendant trois ans. Il fait l’amour avec une Russe, il rêve à sa jeunesse, au pauvre Smiles, au principal du collège que tout le monde appelait Staline. Et à Gary, qui s’est suicidé.
2000. Joe est DJ et la vie est douce à nouveau. Jusqu’au jour où, dans un cimetière, il croit reconnaître Gary. (Mais Gary est mort.) À moins qu’il ne s'agisse... de son fils ?
Dur et mélancolique, réaliste et lyrique, Human punk - dédié à George Orwell - est le meilleur livre de John King. Il éclaire de manière crue « les règles qui gouvernent le comportement masculin et la genèse de la violence mâle » (The New Stateman) dans une des villes-satellites proches de Londres. Mais c’est aussi un roman universel, dont l’écriture s’envole dans des riffs époustouflants.

L'auteur vu par l'éditeur
John King est né en 1960. Son premier roman, Football Factory, « le meilleur livre jamais écrit sur le foot et la classe ouvrière » (Irvine Welsh), a connu un immense succès. Écrivain favori de John Sillitoe et de John Bailey (un Don d’Oxford qui fut aussi le mari d’Iris Murdoch), cet auteur discret est certainement le plus doué de la « nouvelle génération perdue » issue du prolétariat anglais des années 90.

et par http://livres.fluctuat.net

Après le somptueux Ianto l'Enragé de Niall Griffiths, l'Angleterre continue de nous envoyer avec ce nouveau roman de John King (sorti en mai 2003) ce qu'elle fait de meilleur en matière de réalisme poétique. Et le résultat suffit à enterrer vivant la quasi-totalité des écrivains français de la rentrée.
Après la réussite de La Meute et l'amusant Football Factory (auquel on préfèrera sur le même thème l'exceptionnel Parmi les Hooligans de Bill Bufford), l'écrivain anglais originaire de la banlieue londonienne monte clairement d'une division avec ce Human Punk magistral. Si la Meute et Football Factory valaient essentiellement pour la précision et l'extrême justesse des évocations de la classe prolétarienne post-thatchérienne, Human Punk repose sur une ambition décuplée et sur l'envie d'embrasser l'époque depuis le milieu des années 70 (1977, pour être précis et le sommet du mouvement punk) jusqu'à nos jours. Découpé en 3 phases- périodes chronologiques, Human Punk narre la destinée assez singulière de quatre adolescents originaires de Slough (une petite ville industrielle du Nord de Londres), prisonniers, victimes et acteurs du système très corseté des classes sociales. Autour du personnage narrateur Joe, s'organise la vie d'une petite tribu de gamins entre découverte du sexe, bastons et bitures, et dans le sillage fantasmagorique du mouvement punk (Pistols en tête).

Human Punk (dont le titre clinquant est particulièrement mal choisi, comme sa couverture tape à l'œil d'ailleurs) démarre sur une trame maintenant assez traditionnelle de description de l'Angleterre d'En Bas (pub, petits boulots, bière brune), comme on l'a vue chez Loach et racontée chez Jonathan Coe. John King assure le service maximum sur la première centaine de pages, croquant des personnages tous aussi attachants les uns que les autres et émouvants dans leur volonté de vivre pleinement leur condition (le travail au verger, l'admiration pour les aînés sont de grands moments). Puis, survient le drame et, comme dans Ianto l'Enragé, la lente élévation vers le sublime. L'accident de Smiles, l'un des compagnons de galère de Joe, projette, au travers d'une scène incroyable, le roman dans une nouvelle dimension. L'enfance se referme sur une plaie de douleur et de nostalgie que Joe n'aura de cesse de relire, sans espoir réel de guérison. Les années passent, avec la souplesse d'une page tournée, dix ans, puis quinze. L'époque vieillit plus que les personnages. Le punk se dissout. Les hippies meurent. Joe entreprend une traversée de l'Europe en forme de voyage intérieur qui le ramène depuis l'Asie jusqu'au cœur métaphysique de son énergie. Et tout redémarre. Slough revit, en simple écho du Slough des années 70. La vie s'organise autour d'un bonheur de bouts de ficelle. John King peint à la perfection, ce qui est le plus difficile à rendre, l'évolution de jeunes hommes qui ne changent pas. Les camarades n'ont pas bougé de dix pas. Leurs combines sont toujours aussi foireuses. Leurs vies plus ou moins réussies. Slough attire, expulse, repousse, digère comme un ventre. L'impression qu'ici bat le cœur du monde, cœur punk, sale et ankylosé, mais cœur vaillant, se propage au fil des évocations. Le retour après des années de fugue est aussi cruel qu'un lendemain de biture. Mais les rêves sont toujours debout, les solidarités intactes. John King tresse le temps avec une habileté et une fluidité admirable, avec l'idée que l'esprit punk, plus que la musique qui passe des guitares au synthé, survit à l'intérieur de chacun, aussi vive qu'invisible de l'extérieur.

Human Punk est l'humble roman d'une survie en milieu sinistré. Un grand livre de l'enfance, comme la plupart des chefs d'œuvre, et un savant dosage d'ingrédients extrêmement séduisants : rock, amitié adolescente, voyage, sexe triste. La fin au lieu de conclure l'ouvrage… ouvre sur un bonheur inespéré tellement on l'aura attendu, simple et replet comme un bedon de buveur de bière. Pour la première fois, une épopée du quotidien s'achève par le repos du guerrier. Tout au long de ce livre d'aventures, King aura mérité son nom.

Human Punk
John King
Editions de l'Olivier
Disponible depuis mai 2003


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